Archive pour avril 2011

L’art du plissé selon Mme Grès (du 25 mars au 24 juillet, au Musée Bourdelle)

Une initiative intéressante du Musée Galliera qui, pour la première fois sous forme de rétrospective, fait honneur à la créatrice de mode Mme Grès (1903-1993). Cette exposition permet de découvrir, au dédale d’un parcours dans le musée et de ses annexes, les créations d’une grande dame de la mode du XXème siècle.

Le visiteur est d’abord surpris de se trouver face aux sculptures d’Antoine Bourdelle (1861-1929). Finalement, l’exposition se prête bien à cet environnement et met en parallèle les oeuvres de la créatrice de mode. Et quand on apprend que Mme Grès était une passionnée de sculpture et aurait voulu en faire son métier, on comprend mieux ce choix du Musée Bourdelle. Pour elle, le travail du tissu et de la pierre n’était pas si éloigné.

Le visiteur se plonge dans l’univers de la créatrice et au fil de son parcours, il a la choix de déambuler où bon lui semble dans les différents recoins du Musée et de ses annexes ; il découvre parmi ses plus belles créations, environ 80 pièces dont la plupart proviennent des réserves de Servan qui regroupent toutes les collections du Musée Galliera et des collections particulières, accompagnées de croquis et de photographies.

Mme Grès a travaillé sur le plissé du tissu, comme un sculpteur travaille dans la masse d’une pierre et en fait ressortir une ligne, un dessin, une figure.

Lire le reste de cet article »

Bertrand Odilon Redon : une fantasmagorie de symboles et de couleurs (Grand Palais, 23 mars au 20 juin 2011)

Une très belle exposition de lithographies et de peintures qui rend hommage au peintre symboliste et coloriste Bertrand Odilon Redon (1840-1916).

Onze salles thématiques nous présentent les grands moments de la vie de l’artiste ainsi que ses influences artistiques et littéraires : « Dans le rêve, 1879 », « Edgar Poe, 1882 », « Les Origines, 1883 », « Redon et la lithographie (1879-1908) », « La nuit, 1886 », « La tentation de Saint-Antoine, 1888 », « A Gustave Flaubet, 1889 », « Songes, 1891 », « Le livre de raison », « Décor de la salle à manger du Château de Domecy (1900-1901) » et enfin « Redon et les Arts décoratifs ».

La période des noirs et blancs est d’abord présentée, avec les principales séries de lithographies empreintes de thèmes fantastiques, mystiques et bibliques. Les médiums employés sont principalement le fusain, l’eau-forte, la mine de plomb, le crayon, l’encre et la craie blanche. Les titres de ses oeuvres sont évocateurs et révèlent un début de carrière un peu tourmenté sur ses recherches dans les domaines de la pensée, de l’ésotérisme et des mécanismes du rêve : « La tête fumante », « Le noyé », « Cauchemar », « La balade des os ». On ressent la période noire, les angoisses, les questionnements existentiels de l’artiste sur la pensée, les aspects sombre et ésotérique de l’âme humaine, la vie et la mort ; les sujets sombres font souvent l’objet d’une dérision de la part de l’artiste, avec une touche humoristique.

La deuxième partie de l’exposition marque une profonde rupture dans l’oeuvre de l’artiste. A partir de 1890, il s’essaie à la couleur. On y découvre des créations autour de l’esprit des fauvistes, des nabis et des symbolistes. La peinture de l’artiste est plus sure, plus joyeuse. L’artiste a trouvé son style, a révélé son art et cela lui a permis de s’exprimer plus librement et désormais de se diversifier en tant que peintre symboliste et coloriste. Il ne quittera plus la couleur. La peinture à l’huile et le fusain deviennent alors ses médiums favoris.

Lire le reste de cet article »